Dimensionner un système de vidéosurveillance : caméras, réseau et stockage

« Il nous faut des caméras 4K. » La demande est fréquente, mais la résolution n'est qu'un paramètre parmi d'autres. Un système bien dimensionné part de ce que vous voulez voir, puis en déduit les caméras, le réseau et le stockage. Voici la méthode.

Câbles réseau branchés sur un équipement de baie

1. Partir de l'objectif : détecter, observer, reconnaître ou identifier

La norme IEC 62676-4 définit des niveaux de détail exprimés en pixels par mètre au niveau de la scène :

ObjectifDensité minimaleExemple
Détecter25 px/msavoir qu'une personne est présente
Observer62 px/msuivre ses déplacements, voir ce qu'elle fait
Reconnaître125 px/mreconnaître une personne connue
Identifier250 px/midentifier une personne inconnue sans ambiguïté

Une caméra 4K qui filme un parking entier peut ne fournir que le niveau « observer » au fond de la scène. Une caméra de résolution plus modeste, bien placée et bien cadrée, identifiera mieux une personne à une porte d'entrée.

2. Estimer le débit de chaque caméra

Le débit dépend de la résolution, du nombre d'images par seconde, du codec et de l'activité de la scène. Les codecs récents comme le H.265 réduisent nettement le débit par rapport au H.264 à qualité comparable. Un même modèle peut ainsi produire quelques centaines de kilobits par seconde sur une scène calme la nuit, et plusieurs mégabits par seconde sur une scène animée.

3. Calculer le stockage

Le calcul est simple : débit × durée de conservation.

Exemple : une caméra enregistrant en continu à 4 Mbit/s produit 4 × 86 400 s ÷ 8 = 43 200 Mo, soit environ 43 Go par jour. Sur 30 jours, cela représente environ 1,3 To pour une seule caméra. Pour 20 caméras, il faut donc prévoir environ 26 To utiles, avant redondance.

La durée de conservation ne se choisit pas librement : la CNIL recommande de ne pas conserver les images au-delà d'un mois en règle générale. Inutile, donc, de surdimensionner. L'enregistrement sur détection de mouvement réduit fortement les volumes, au prix d'un réglage soigné.

4. Dimensionner le réseau et l'alimentation

  • Bande passante : additionner les flux de toutes les caméras, plus les flux de visualisation, et vérifier la capacité des liaisons entre commutateurs et vers l'enregistreur.
  • Alimentation PoE : vérifier le budget de puissance des commutateurs. Selon les normes, un port fournit jusqu'à 15,4 W (802.3af), 30 W (802.3at) ou 60 à 90 W (802.3bt) ; une caméra motorisée avec infrarouge et chauffage en consomme bien plus qu'une petite dôme.
  • Redondance : disques en RAID, alimentation secourue de l'enregistreur et des commutateurs, pour ne pas perdre les images au moment où l'on en a besoin.

5. Penser à l'exploitation

Un système bien dimensionné est aussi un système exploitable : qui regarde les images, depuis où, avec quels droits ? Ces questions conditionnent le choix du logiciel de gestion vidéo (VMS) et de son architecture.

Questions fréquentes

Non. Elle est utile pour couvrir de grandes zones avec une seule caméra, mais elle augmente le débit et le stockage. Le bon choix dépend du niveau de détail recherché à chaque endroit.

La CNIL recommande en règle générale de ne pas dépasser un mois, sauf procédure particulière. Le stockage se dimensionne en conséquence.

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